Le pire est arrivé, encore !

Ce jeu, quand on l’aime passionnément, nous pousse à adhérer à des philosophies bien précises, à soutenir des joueurs et à vibrer pour des équipes plutôt que d'autres. Mais il y a le revers de la médaille. À force d'adversité et de duels acharnés, ces « autres » finissent par devenir des rivaux que l'on déteste presque autant qu'on aime les nôtres. Les voir triompher fait parfois aussi mal que de voir nos propres favoris s'effondrer. Mais que peut-on y faire ? C’est la dure loi du sport. Parfois on gagne, parfois on perd.

Ce dimanche, le sommet du monde footballistique sera occupé soit par l’éternel rival (Lionel Messi aka Filandye), soit par son successeur désigné (Lamine Yamal aka Ikefwe), . Pire encore, l’un d’eux prendra une option quasi définitive sur le prochain Ballon d’Or. Pour un fervent supporter du Real Madrid et de Ronaldo, c'est apocalyptique😩. Si le premier scénario se réalise, ce sera le coup fatal mais surement de de trop. Et si c'est le second, les prochaines décennies vont être longues🥲 

Sèl solisyon m genlè se mawon vre😀 

Si le génie et l'apparente humilité de Messi n’ont jamais suffi à calmer notre ardeur critique, imaginez un instant ce que donnera l’insolence d'Ikefwe (Yamal)… 😫


Telle une leçon de vie

Pour les fan du Real, du Brésil et de Cristiano Ronaldo, l'issue de cette compétition résonne comme une piqûre de rappel philosophique : dans la vie, il y a des paramètres qui échappent à notre contrôle : le talent de l'adversaire, les circonstances d'un match, les faits de jeu. Tout peut arriver, surtout ce que l'on redoute le plus


Ce que l’histoire retiendra (si on ne la réécrit pas)

Pendant plus d'une décennie, le récit médiatique a été tracé à grands traits : d'un côté, Messi, le chouchou des caméras et des instances, le génie inné et discret ; de l'autre, Ronaldo, le mal-aimé, l'arrogant sans talent pur qui n’aurait bâti sa légende qu’à la force de son travail.  Cette ambivalence s'est accentuée, et ces discours sont devenus populaires vers la fin de leurs carrières respectives. Ce que l'on pensait tout bas autrefois est aujourd'hui dit tout haut. Les sages d'hier sont devenus les arrogants d'aujourd'hui.

Certes, l'écart s'est creusé sur le tard. Le sacre de l'Argentine au Mondial 2022 et le dernier Ballon d'Or de Messi ont coïncidé avec une période sombre pour Ronaldo. Malgré un sacre en Ligue des Nations avec le Portugal, CR7 a entamé une descente aux enfers : un Ballon d'Or perdu au profit de Luka Modrić suite à son départ du Real Madrid pour la Juventus, des passages compliqués sous Ole Gunnar Solskjær à Manchester United, puis un exil doré mais compétitivement amer en Saudi Pro League. Pendant que la fin de carrière de l'un brille de mille feux, celle de l'autre laisse un goût d'inachevé.Mais au-delà de ces trajectoires récentes, on ne peut pas (et on ne doit pas) réécrire l'histoire. Tenter aujourd'hui de réduire Cristiano Ronaldo à un simple athlète discipliné, dépourvu de magie, est d’une injustice et d’une méchanceté inouïes.

Rappelons-nous l'époque où ces deux joueurs marchaient sur l’Espagne. C’était une rivalité titanesque, un duel au sommet où chaque statistique, chaque record et chaque trophée individuel se disputaient au millimètre près. Pour ceux qui auraient la mémoire courte, voici un rappel de la réalité chiffrée de leur coexistence en Liga espagnole entre 2009 et 2017 :

  • Ballons d'Or (sur la période) : Messi 5, Ronaldo 4 (sachant que CR7 l'a aussi gagné en 2008).
  • Souliers d'Or Européens : Messi 5, Ronaldo 3.
  • Meilleur Buteur de la Ligue des Champions : Messi 4, Ronaldo 6.

Non, Ronaldo n’a jamais été un Erling Haaland, c'est-à-dire un renard des surfaces statique qui attend le ballon pour marquer. On ne nous la fera pas. J'y étais, et vous aussi. Sans être le plus académique des techniciens, il a martyrisé les défenses, enchaîné les passements de jambes dévastateurs et exécuté des gestes techniques incroyables, que certains qualifiaient alors de "fantaisie inutile" sous prétexte que Messi incarnait une efficacité plus sobre.

Au bout du compte, Ronaldo a perdu cette guerre, mais il a rivalisé la tête haute et rien ne changera ça. Les chiffres ne mentiront jamais, et notre génération en restera le témoin privilégié.


Une dernière danse mémorable

Quoi qu'il en soit, ce fut une belle danseJe n'ai pas souvenir de m'être autant amusé lors d'un tournoi, pourtant, diable, j'ai été passionné. Supporter Haïti en Coupe du Monde, c'était indescriptible. C'est certainement la dernière fois que j'aurai à voir Ronaldo et Neymar en coupe du monde et même si ça s'est mal passé pour eux, je me réjouis d'avoir eu le privilège de voir jouer durant toutes ces années.

Sinon, quelle ambiance ! 🤩

Les chamailleries sur les réseaux et entre amis, un parcours laborieux contre l'ennemi juré 😂 : Algérie, Jordanie, Autriche, Cap-Vert, Égypte, la Suisse et l'Angleterre. Quel parcours, même si cela n'aura pas suffi ! 

On a soutenu nos alliés : le Brésil, le Portugal et la Belgique. 

Cette année n'aura pas été la bonne, mais comme l'a dit le général Mobutu, on reviendra.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

CEO libre et épanoui : les grandes illusions de l’entrepreneuriat

Au nom du peuple… et à la gloire de leurs intérêts : Mémoire floue